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Le film "La marche" : la polémique et les premières images du film de Nabil Ben Yadir

Tourné en partie à Lyon et basé sur une histoire vraie, "la Marche" sortira bientôt sur les écrans et bénéficie d'un intérêt médiatique certain, lié au 30ème anniversaire de "la marche des beurs"...

Réalisé par Nabil Ben Yadir, à qui l'on doit la comédie Les Barons (2010), La Marche revient sur l'histoire de la "Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme" de plus de 1000 km entre Marseille, Vénissieux (Les Minguettes) et Paris, qui s'est déroulé  en 1983. Les principaux acteurs sont Charlotte Le Bon, Jamel Debbouze, Olivier Gourmet ou encore Hafsia Herzi
La polémique sur la "commémoration" :  Acte de désobéissance ou refus de la récupération ? 
Toumi Djaidja était l'un des leaders de cette marche historique : trente après, il vient de refuser de recevoir à Vénissieux le Ministre de la Ville, François Lamy, qui souhaitait déposer une plaque commémorative. Il s'en explique dans un communiqué dont voici des extraits : 
 "Dans ce contexte de commémoration des 30 ans de la Marche pour l’Egalité, je me vois dans l’obligation de sortir de ma réserve. Pendant 30 ans j’ai nourri  l’espoir que l’égalité soit le chantier permanent de la République celle à laquelle nous aspirons tous. Mais aujourd’hui force est de constater, malgré des avancées certaines, l’inégalité frappe toujours voire plus encore.
Je parle de ces femmes, de ces hommes sacrifiés sur l’autel des inégalités. Beaucoup d’entre nous vivent dans des conditions inadmissibles, laissés non pas sur le bas-côté de la route mais dans le fossé des inégalités : le mal-logement, l’exclusion, la paupérisation, la marginalisation. (...)
Je ne peux cautionner l’inaction politique en signant un chèque en blanc au gouvernement. Si certains cherchent à capter l’héritage sympathie suscité par la Marche à travers cette commémoration, cela ne peut se faire à moindre frais. La commémoration doit être un moment fort où des décisions politiques courageuses et concrètes sont prises pour que l’histoire de nos quartiers populaires s’inscrivent enfin dans l’histoire de notre pays.
Nous savons la rupture de la transmission, ses conséquences et ses enjeux. Il nous faut nous construire une histoire commune, partagée par le plus grand nombre pour que vive la mémoire. Nous savons que l’histoire c’est la projection, que ce qui manque à notre jeunesse c’est l’identification projective vitale à sa construction. Mais comment cela est-il possible si l’histoire est amputée ? Là où est née cette marche aujourd’hui dans ce quartier des Minguettes, la jeunesse ne peut relater cette histoire. Après l’espoir qui a porté les électeurs, c’est dans l’isoloir que chaque citoyen devra prendre sa responsabilité... "
G.R.
(redaction@LYonenFrance.com)

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